Adieu la psychanalyse
!
(Ludwig Binswanger : "celui que
la psychanalyse a empoigné, elle ne le lâche plus.")
(Modifié le
14/04/2006).
Ce que nous interdit la psychanalyse et qui motive notre rejet total, c'est
que dans la vie quotidienne, lors de tous nos rapports avec les autres,
il est pratiquement devenu impossible de concevoir sa propre vie psychique,
son être psychique, en dehors d'elle. Il est "interdit de se penser
psychiquement sans elle." Quoique l'on dise, quoique l'on pense, ou que
l'on fasse, la super-théorie peut toujours vous recouvrir de ses
filets. Elle prétend pouvoir libérer alors même qu'elle
nie de façon absolument certaine et explicite tout libre arbitre
dans la vie psychique. Elle prétend pouvoir libérer en proposant
son cadre de référence, une prison intellectuelle dont nous
ne pourrions pas faire reculer les murs. La psychanalyse est un piège
à rat qui séquestre dans sa camisole de mots toute créature
qui s'allonge sur le divan. Ses idées semblent avoir imprégné
mes contemporains jusque dans leur plus intimes réflexes intellectuels,
en renforçant notamment le positivisme vers lequel le sens commun
est naturellement attiré ou leur permettant de justifier d'insupportables
pressions de conformité : quelle jouissance pour la vanité,
quelle sensation de puissance lorsque l'on croit pouvoir tenir quelqu'un
sous une gangue interprétative
comme la psychanalyse après lui avoir posé sur le crâne
l'entonnoir de l'inconscient freudien (1).
Jacques Bouveresse évoque le fait que la psychanalyse a de quoi
s'imposer irrésistiblement à des "êtres constitués
comme nous le sommes", c'est-à-dire des êtres invariablement
attirés par la recherche de régularités, de stabilités
rassurantes reposant sur quelque chose de solide et sûr. En effet,
pour "prouver" ses théories, elle n'a jamais pu faire autrement
que de mettre en avant de "nombreuses confirmations", et le sens commun,
aime les confirmations, les probabilités, les régularités,
mais ignore le plus souvent que les confirmations aussi nombreuses soient
elles ne prouvent rien, et que ce sont les tentatives de réfutations
qui ont échoué ou réussi à éliminer
une théorie qui seules peuvent en révéler le contenu
véritable. Mais la psychanalyse, tout comme la psychologie, attire
aussi des créatures parfois avides d'égo ou d'un ascendant
sur autrui permettant de le contrôler ou d'affirmer une dominance
par un cadre conceptuel et rhétorique qui lui empêcherait
de s'en sortir sans passer pour un déviant ou un malade.
Une authentique connaissance scientifique ne peut, précisément,
jamais reposer sur quoique ce soit de "solide et sûr" (ou d'absolu),
comme le démontre Popper dans sa "Logique de la découverte
scientifique", puisque lorsque nous parvenons à corroborer une théorie
ce n'est que par l'intermédiaire d'une succession de tests dont
les conditions initiales, reposant elles aussi sur des hypothèses
scientifiques corroborées (les instruments d'observations avec les
théories scientifiques qui ont servi à les fabriquer font
partie des conditions initiales), sont seulement considérées
comme "non problématiques" (puisque précédemment corroborées)
pour que les dits tests soit possibles : cela veut dire que les conditions
initiales qui permettent les tests, ne peuvent être, en elles-mêmes,
absolument certaines et définitivement vérifiées.
Par ailleurs, lorsqu'une théorie est dite scientifiquement corroborée
à l'issue d'un test intersubjectif qu'elle réussit à
passer avec succès, ce n'est que parce que le test en question est
logiquement déductible d'une tradition précédente
de tests reconnus par la communauté scientifique internationale.
Nous ne pouvons pas jouer les Robinson Crusöe (2)
et clamer que les tests que nous avons faits, seuls, sont valides, en faisant
fi de tout un savoir antérieur, toute une tradition qui a bâti
difficilement un "savoir tester" de plus en plus performant et sévère,
interdisant toujours plus d'événements empiriques possibles,
que nous pouvons ignorer si nous prétendons pouvoir tester dans
notre coin une théorie appartenant à une tradition scientifique
dont nous ne connaissons rien. Celui qui prétend tester seul et
"scientifiquement", est confronté à l'alternative suivante
: ou bien risquer de redécouvrir à lui tout seul tout un
savoir déjà testé par d'autres, et recommettre les
mêmes erreurs, ou bien tenter d'imposer sa nouvelle découverte
comme un révélation du Néant, exactement à
la manière de Freud, bien que Freud ne rechercha, de surcroît,
jamais des réfutations objectives de ses propres conjectures sur
la base d'une discussion rationnelle et critique avec d'autres, mais toujours
des confirmations fussent-elles "cliniquement
prouvées". Le lecteur qui s'aventurera dans l'oeuvre de
Freud, cherchera vainement les traces de la tradition de tests intersubjectifs
sur la notion d'inconscient qui précèderait la psychanalyse
et dont Freud se serait fait le "génial" continuateur (3)
! Non, Freud s'est toujours présenté comme l'inventeur isolé
et héroïque de l'inconscient (pauvre "héro", trahissant
ainsi sa conception naïve et erronée de la Science), soit-disant
en "rupture" avec une tradition de recherche sur l'inconscient, mais sans
avoir jamais démontré en quoi sa théorie constituait
une réfutation objectivement contrôlée d'une autre
théorie de l'inconscient précédente ou une amélioration
patente et testée empiriquement par la communauté internationale.
(Que l'on songe à la crédibilité d'Einstein auprès
des physiciens de son temps ou d'aujourd'hui, si ce dernier avait affirmé
que sa théorie de la relativité était une auto-révélation,
comme sortie du néant, issue de son seul "héroïsme"
scientifique et en dehors de tout programme de recherche précédent,
occultant toute la tradition ayant fait progresser la physique avant lui
!). Comme on le comprend en lisant Karl Popper, tout cela ne peut être
le travail d'un scientifique, ni même d'un génie scientifique,
ce n'est que la supercherie d'un charlatan, d'un marchand d'illusions,
et d'un imposteur. Bien que Popper, qui ne pouvait avoir lu les livres
de Borch-Jacobsen ou de Bénesteau, donc ignorant probablement tout
des multiples turpitudes intellectuelles et méthodologiques de Freud,
voyait dans la psychanalyse une préscience intéressante (mais
non une science) comportant "une grande part de vrai" (Popper). Mais sur
ce dernier point, on pourrait utiliser l'argument d'Eysenck pour répondre
à Popper que : "tout ce que la psychanalyse a dit de nouveau n'était
pas vrai, et tout ce qu'elle a dit de vrai n'était pas nouveau".
(Au sujet des stratagèmes et mensonges de Freud, on pourra lire
des arguments dévastateurs dans les livres de Mikkel Borch-Jacobsen.
Par exemple : "Les souvenirs d'Anna O.", ou encore "Folie à plusieurs",
de cet auteur. Ou encore dans le livre de Jacques Bénesteau : "Les
mensonges freudiens".).
L'émergence des théories prétendument scientifiques
de la psychanalyse par Freud relève donc de l'imposture scientifique
(Pierre Debray-Ritzen), laquelle ne peut engendrer notamment pour sa justification,
qu'une imposture épistémologique essayant de relativiser
voire de nier toute une tradition de réflexion en épistémologie
et philosophie des sciences préexistant à toute psychanalyse,
(à commencer, bien sûr par la bête noire : Karl R. Popper)
ce qui lui permettrait, croit-elle, de se justifier elle-même en
créant son propre cadre épistémologique autonome,
nécessaire et suffisant.
Il existe d'ailleurs un site (http://perso.club-internet.fr/tuyau/Psychanalyses/epistemologi.htm)
qui est le parfait exemple de désinformation épistémologique,
où l'on mélange le vrai et le faux en espérant tromper
le lecteur averti par des formules alambiquées, une terminologie
bizarre ("ek-siter") et des artifices argumentaires qui tiennent plus d'une
rhétorique se voulant habile à subjuguer, mais ne pouvant
éviter le plus souvent le ridicule et le comique involontaire. On
jette les mots, à vous de mettre le sens ! Ce stratagème
donne tout le loisir aux "jeteurs de mots" de retomber sur leurs pattes
(...en jouant, en dernier ressort, sur le sens des mots !) s'il s'avère
que le sens que vous avez donné met en évidence leurs élucubrations
de manière trop évidente. Si vous avez des difficultés
à trouver ce fameux sens c'est que vous êtes un sombre ignare.
Mais il vaut mieux se dire que le sens en question n'a qu'une teneur gazeïforme,
bien difficile à saisir, ce qui se rapproche beaucoup plus de la
vérité. C'est là le fin du fin de nos nouveaux maîtres
penseurs. Nous reviendrons plus en détails, ultérieurement
(en publiant une critique) , sur ce qui
est symptomatique de la malhonnêteté intellectuelle de certains
psychanalystes quand ils savent qu'on tient des arguments capables de jeter
par terre leurs incroyables élucubrations. Face à de telles
stratégies, il incombe à l'homme libre de faire face, d'assumer
"le fardeau de la raison", c'est-à-dire, en l'occurrence, de lire,
d'analyser, et de réfuter. La citation qui suit devrait faire comprendre
la situation dans laquelle se trouve celui qui recherche la vérité
lorsqu'il est confronté au genre de difficulté que nous dénonçons.
"Il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre
des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion
de mots obscurs, douteux et indéterminés. Ce qui pourtant
rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands
ou à des tanières de renards qu'à des forteresses
de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser
ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force
de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines
et de l'obscurité des buissons dont il sont environnés. Car
la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit
de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense
à ce qui est absurde". (John LOCKE, cité par Jacques BOUVERESSE
in: "Prodiges et vertiges de l'analogie". Édition: Éditions
raisons d'agir. Paris, octobre 1999).
Une Science authentique ne repose donc jamais sur une base rocheuse, parfaitement
déterminée après un test, et encore moins, parfaitement
déterminée avant tout test (comme la psychanalyse !) , ses
énoncés universels au sens strict qu'elle réussit
ou non à corroborer demeurent des hypothèses puisque ce sont
des énoncés universels au sens strict...et cette dernière
raison est requise pour la déduction d'autres énoncés
permettant par exemple certaines applications pratiques comme la fabrication
des vaccins, ainsi que tous les autres objets faisant partie de notre monde
empirique (notre Monde "1", ainsi que le nomment Popper et Eccles, à
côté des Monde "2" des états de conscience, et Monde
"3" de la connaissance objective) puisque avec des énoncés
qui ne seraient que numériquement universels, pour une région
spatio-temporelle donnée, nous ne pourrions déduire que des
énoncés valides dans le labs de temps de la dite période.
On imagine assez bien que si les théories scientifiques constitutives
par exemple, des vaccins, étaient des énoncés universels
au sens numérique, les vaccins ne pourraient avoir aucune efficacité,
il ne pourraient pas même exister ! Puisque le geste d'inoculation
d'un vaccin quelconque contre une maladie suppose l'anticipation, la prédiction,
de son efficacité (voire de sa relative inefficacité) dans
un futur immédiat et également, aussi lointain que possible,
selon des conditions intiales, elles aussi, anticipées par des énoncés
universels au sens strict. Ce n'est que si le vaccin échoue
de manière répétée que l'on peut, à
posteriori, juger de l'étendue de son efficacité
dans le temps, mais au moment de son inoculation il est impossible de savoir
à quelle date précise le vaccin deviendra inefficace sans
disposer, avant l'inoculation, d'un énoncé universel au sens
strict du genre : "toutes les fois que j'inocule tel vaccin, je sais que
son effet dure approximativement tel labs de temps, et si ce labs de temps
est significativement plus long ou plus court que d'habitude, et ce, de
manière répétée, alors, la théorie du
vaccin peut être considérée comme réfutée".
("Les énoncés de cette dernière espèce peuvent,
en principe, être remplacés par une conjonction d'énoncés
singuliers car si un temps suffisant est donné, l'on peut énumérer
tous les éléments de la classe (finie) en question. C'est
la raison pour laquelle nous parlons en de tels cas d'"universalité
numérique". (Popper in : "La logique de la découverte
scientifique." Édition : Payot. Page : 61)).
Tout cela entre en conflit direct avec la pensée du sens commun,
celle de la majorité d'entre nous, de l'homme de la rue, qui est
de ce fait tellement vulnérable aux superstitions "sophistiquées"
comme la psychanalyse.
La psychanalyse et son inconscient se présentent bien comme les
nouveaux totems de notre temps. Ils ont aussi leurs tabous : la discussion
critique pour la recherche de la vérité, et la croyance dans
le libre arbitre humain. Je pense que ces tabous n'ont rien à faire
avec l'idée de progrès dans une société ouverte,
(ils sont même un obstacle), mais concernent les sociétés
primitives et les sociétés totalitaires. Et je pense que
les totems, à l'époque ou nous vivons, n'ont plus qu'une
seule utilité pratique : celle d'être abattus pour nous libérer.
Détruisons-les, il est bien temps !
Je suis profondément attiré par l'idée de contribuer,
modestement, à une libération du carcan psychanalytique.
Qu'adviendrait-il si nous réussissions à nous en débarrasser
? Serions-nous prêts à affronter de nouvelles heuristiques,
de nouvelles relations interpersonnelles, un ordre social rénové
? Serions-nous prêts à assumer, encore une fois le fardeau
de la Raison, en hommes et femmes libres ? J'aime voir la psychanalyse
comme une sorte de "Mur de Berlin" psychologique que nous devons faire
tomber. Mais, je le répète, sommes nous prêts à
faire face aux nouveaux problèmes qui surgiront de la chute d'un
tel mur d'obscurantisme ? Car la chute du Mur de Berlin ou toute nouvelle
forme consécutive de progression vers davantage de liberté
engendre de nouvelles relations, de nouvelles interconnexions sociales,
de nouveaux problèmes inédits (et aussi des conséquences
imprévisibles et peut-être riches en perspectives), de nouvelles
recherches pour trouver des solutions à ces nouveaux problèmes.
Tout ceci démontre, ainsi que le fit Karl Popper, que l'augmentation
de notre liberté par l'élargissement de nos cadres de référence
suppose que les anciennes connaissances, y compris celles qui prétendent
s'imposer à nous comme des dogmes définitifs chapeautant
tout à l'instar de la psychanalyse, ne peuvent donc prétendre
à un déterminisme à priori et absolu, et doivent être
constamment soumises à la discussion critique, et si possible à
l'aide de tests intersubjectifs. C'est cela que Popper nomme "le fardeau
de la Raison" dans son livre "La société ouverte et ses
ennemis", et, paradoxalement si l'on peut dire, ce fardeau sera toujours
sur nos épaules tant que nous seront attirés par la liberté
puisque celle-ci dépend directement de l'accroissement de nos connaissances.
Seul l'homme libre accepte de porter un tel
fardeau, il accepte d'en assumer toutes les conséquences, parce
qu'il a en horreur ces formes de paternalisme que l'on trouve dans les
doctrines totalitaires qui cherchent à lui donner l'illusion de
pouvoir le délivrer de ses responsabilités personnelles.
("Ce n'est pas ma faute, c'est mon inconscient !" Voilà quel peut
être l'éternel refuge des adorateurs de la théorie
de l'inconscient de Freud. Voilà comment les psychanalystes peuvent
déresponsabiliser tout individu qui commet un crime.
Voilà aussi comment l'individu est placé sous la
tutelle d'une théorie qu'il ne peut qu'accepter que religieusement
et dont les clefs ne sont jamais vraiment en sa possession. Dans de telles
conditions, cette théorie ne peut pas servir l'individu qui doit
s'y soumettre, elle ne peut que l'aliener ou, comme dirait Binswanger,
l'empoigner pour ne plus le lâcher). Il exècre aussi
les procédures infantilisantes, quand elles ne sont pas humiliantes
de la psychanalyse. Il est donc naturellement et "rationnellement" porté
à rejeter, tôt ou tard (...), les théories fermées
ou celles qui portent en elles l'utopie d'une marche vers un "monde d'amour
et de beauté" (Popper) ce genre de monde qui ne peut exister que
dans nos rêves romantiques, nos rêves d'enfant, mais pas dans
les espoirs légitimes et réalistes d'hommes et de femmes
adultes et responsables.
La psychanalyse est la nouvelle ennemie du progrès de la société
ouverte, c'est une ennemie d'autant plus coriace qu'elle entend ne pas
être démasquée en tant que telle, mais plutôt
servir ses desseins en croyant nous apporter de nouveaux pouvoirs. Mais
puisque la psychanalyse ne peut, du fait des ses fondements déterministes
être soumise à aucun test, c'est donc, avant tout, en tant
que philosophie que nous devons la rejeter, voire en tant que métaphysique
stérile et verbeuse (car toutes les métaphysiques ne sont
pas à jeter aux orties), puis à l'aune de ses prétendues
conséquences thérapeutiques "efficaces".
Je demeure convaincu que si nous recherchons à accroître notre
liberté, nous devons activement nous débarrasser de cette
mythologie qu'est la psychanalyse, tout en sachant qu'il nous faudra accepter
d'assumer certaines conséquences imprévisibles nées
spontanément de sa chute, ou de son rejet aux poubelles de l'histoire.
Il n'y a pas de liberté et d'épanouissement dans le cocooning
: la vie n'est pas un perpétuel retour au berceau, "nous devons
accepter ce saut dans l'inconnu et l'incertain avec ce que nous possédons
de raison pour nous guider vers la sécurité et la liberté"
(Karl R. Popper in: "La société ouverte et ses ennemis",
tome 1). Ou bien encore : "l'homme peut apprendre, donc il peut être
libre". Alors, comme le fit comprendre le Pape Jean-Paul II au
peuple polonais : "n'ayons pas peur", abattons les anciens dogmes, faisons
reculer les murs par un acte simple et authentiquement révolutionnaire,
qui consiste à faire preuve de courage et d'indépendance
intellectuelle en lisant les livres qui nous révèlent
la vérité sur l'imposture psychanalytique.
J'ai enfin compris que la certitude est incompatible avec la liberté,
parce que la certitude et le déterminisme aprioriste et absolu supposent
l'immuabilité (cette immuabilité ne pouvant être maintenue
que par des formes plus ou moins sophistiquées d'autoritarisme comme
celle qui consiste à rejeter dans la déviance les
questions insolentes et audacieuses que nous oserions poser, ou parce
que celui qui s'emporte aurait toujours tort), et que la vie tout comme
la liberté, sont évolution et changement.
Patrice VAN DEN REYSEN.
(1)
"Le freudisme offre des armes efficaces à ceux qui, pour s'épargner
de répondre aux objections, les attribuent à des motivations
souterraines, à un "non-dit" dont ils se rendent maîtres à
bon compte. Par-là, ils s'attribuent une supériorité
intolérable, ils pervertissent la critique et le dialogue démocratique,
ils interdisent le débat scientifique. Cela n'est-il pas contraire
à l'intention de la psychanalyse et à la pratique du plus
estimable des analystes ? Brisons donc les tabous qui infestent notre vie
intellectuelle, la plus plate, la plus morne qu'on ait jamais connue dans
ce pays, et la plus contrôlée. (...)Critiquer le freudisme
c'est se rendre suspect et risquer ce qu'on appelle dans la nouvelle procédure
pénale, se faire "mettre en examen". Avec les marxistes, on était
convaincu d'esprit bourgeois et impérialiste. Avec les freudiens
on est convaincu de résistance pathologique et dénégation.
Commen s'en sortir ? En délaissant un terrain où l'on est
piégé pour celui de la vérification épistémologique."
Préface de Jean-Marie Domenach, in : "Déclin et chute de
l'Empire freudien" de H.J. Eysenck. Edition : Guibert, Paris, 1994, page
: 12.
(2)
A ce sujet, voici comment se voyait Freud lui-même, cité par
Frank J. Sulloway dans son livre : "Freud biologiste de l'esprit", chapitre
: "le mythe du héros dans le mouvement psychanalytique", page :
428.
Freud : "voici comment j'imaginais
le futur : j'arriverais probablement à m'en tirer grâce au
succès thérapeutique de la nouvelle méthode, mais
la science m'ignorerait totalement pendant toute ma vie ; quelques dizaines
d'années plus tard, quelqu'un ne manquerait pas de tomber sur les
mêmes choses - pour lesquelles le monde n'était pas alors
mûr - , le ferait accepter, et me vaudrait l'honneur d'avoir été
un précurseur dont l'échec était inévitable.
En attendant, tel Robinson Crusoé, je m'installais aussi confortablement
que possible sur mon île déserte. Quand je regarde en arrière
ces années solitaires, loin des contraintes et de la cohue d'aujourd'hui,
tout cela me paraît une époque héroïque. Mon "splendide
isolement" n'était pas sans charme ni avantages...Mes publications,
qu'il m'était possible de placer avec un peu de mal, pouvaient toujours
être en retard sur mes connaissances et attendre autant que je voulais,
car il n'y avait pas de priorité à défendre (1914
d, S.E., 14 : 22).
(3)
Quelques citations tirées du livre de Mikkel Borch-Jacobsen et Sonu
Shamdasani : "Le dossier Freud. Enquête sur l'histoire de la psychanalyse."
Edition Les Empêcheurs de Penser en Rond, Le Seuil, Chapitre 2, pages
171 à 174 :
Alfred HOCHE : "Comment un tel mouvement
[psychanalytique] est-il possible ? Sans aucun doute, la condition négative
en est d'abord et avant tout le manque de sens historique et de formation
philosophique des adeptes portés au fanatisme de la doctrine."
Morton PRINCE : "Dans la poursuite de ces recherches [psychanalytiques], on a trop négligé de très nombreux faits et données psychopathologiques accumulés par les patientes recherches d'autres observateurs. C'est un peu comme si un bactériologiste avait limité ses recherches à l'étude d'un seul bacille et avait négligé la masse de connaissances acquises dans le domaine bactériologique dans son ensemble."
William STERN, Congrès de Breslau, le 13 et 14 mai 1913 : "Les psychanalystes, qui reprochent régulièrement à leurs adversaires leur ignorance professionnelle, travaillent eux-mêmes dans ce domaine [la psychologie de l'enfant] en dilettantes complets ; la recherche scientifique sur les enfants on bien n'existe pas pour eux, ou bien est soumise à toutes sortes de remaniements interprétatifs jusqu'à ce qu'elle puisse être rattachée à leur système conceptuel."
Erwin STRANSKY, Congrès de Breslau, le 13 et 14 mai 1913 : "L'ignorance systématique des travaux des autres chercheurs et le refus systématique de s'ouvrir à leurs critiques sont un des traits distinctifs de l'obédiance psychanalytique."
Adolf WOHLGEMUTH : "On trouve partout [chez Freud] une ignorance quasi complète de la littérature et des résultats de la psychologie moderne, de la méthode expérimentale et de la logique."