LE POUVOIR ABSOLU.

(commentaires autour du procès en diffamation intenté par Jacques Bénesteau, auteur des "Mensonges Freudiens",
contre Madame Roudinesco, et perdu par le plaignant.)

Un lien à consulter avant de commencer la lecture de ce qui va suivre :
"COMPLICITE D'ANTISEMITISME MASQUE"


"La raison du plus fort est toujours la meilleure..." (La Fontaine)

 
 
"Comme problème politique pratique le problème de l'élite est quasiment insoluble. dans les faits on ne peut  jamais distinguer l'élite de la clique" (Karl Popper)

 
 
 
        Madame Elizabeth Roudinesco, a donc gagné, le 3 juin 2005,  le procès en diffamation que lui avait intenté Monsieur Jacques Bénesteau,  pour  l'avoir accusé de  nier l'existence de l'antisémitisme à Vienne entre la fin du XIX° siècle et le début de l'Anschluss, c'est-à-dire ce qui fut l'annexion, sans résistance, de la Nation Autrichienne par les nazis.

      Dans un autre article, nous avons montré que les accusations de Madame Roudinesco étaient :
            a) totalement fabriquées, donc mensongères, et ne reposant sur aucun fait vérifiable,
            b) indiscutablement diffamatoires,
            c) de nature à galvauder et à banaliser de manière très dangeureuse sinon "abjecte" l'utilisation de l'horreur de la Shoa et du racisme antisémite,
            d) que de telles accusations constituaient un outrage pour l'honnêteté intellectuelle et la recherche de la vérité.

        Tout au long de cette affaire, il est patent que les divers quotidiens tels que Le Monde, Libération et surtout L'Humanité, on pris fait et cause pour Madame Roudinesco puisqu'aucun d'entre eux n'a jugé nécessaire d'utiliser, ne serait-ce qu'une seule fois, une citation du livre de Bénesteau, ou une  partie de son texte incriminé, pour en faire état sur la place publique afin de le comparer de manière fiable et honnête avec les accusations de Madame Roudinesco. La Vérité toute nue leur aurait alors crevé les yeux. Nous pouvons donc affirmer leur entière partialité dans cette affaire, et par suite, leur travail de désinformation et de manipulation de l'opinion.

        Monsieur Bénesteau a toujours été apolitique, et son choix d'un avocat qui serait un proche du Front National, n'en fait pas un sympathisant du FN ou de ses idées, n'en déplaise aux adeptes des associations et des amalgames faciles et fallacieux. Son choix relève plutôt d'un concours de circonstances, que nous n'avons pas intérêt à préciser, ici, compte tenu, de la très nette propension de certains, à mal interpréter et à déformer les faits. Et il tient aussi, il faut le dire, d'une certaine naïveté de Monsieur Bénesteau quant à cette propension scandaleuse à faire des amalgames.  De la même manière, le fait que le Professeur Jacques Corraze, soit un proche du Club de l'Horloge, ne prouve pas non plus, que Monsieur Bénesteau est, par la même occasion, "proche" de ce Club, et par voie de conséquence, "proche" du FN et de la droite extrême. Pour donner un autre exemple, la critique parfaitement fondée, selon nous, de Monsieur Henri Le Lesquen de l'oeuvre de Pierre Bourdieu, et s'appuyant sur un ouvrage de Jeannine Verdès Leroux, ne fait pas de cette dernière une sympathisante du Club de l'Horloge, puis du FN, et de l'extrême droite.

        Pourtant, toute la manoeuvre de Madame Roudinesco repose sur la méthode de l'amalgame fallacieux et désinformateur. Et le rejet, légitime, de l'antisémitisme, et de l'extrême droite, étant un cheval de bataille qui permet de gagner à tout coup, elle l'a enfourchée, croyant, à juste titre semble-t-il, pouvoir tout se permettre, y compris, la fabrication, le mensonge, la désinformation, et, enfin, la diffamation.

        Vient ensuite, sur le plan juridique, une conséquence  pour le moins très inquiétante : désormais, nous pouvons déduire logiquement, que la justice aura le droit de condamner les pensées inconscientes. En effet, si Madame Roudinesco peut être relaxée pour diffamation pour avoir accusé Monsieur Bénesteau "d'antisémitisme masqué" ou "inconscient", c'est donc que son accusation est fondée, donc que la méthode de Madame Roudinesco est valide et payante. Si une telle méthode est jugée indirectement valide pourquoi un jury ne pourrait-il dans l'avenir l'utiliser, même, et précisémment en l'absence de tout fait corroborant une telle accusation ? Mais comme nous le savons, il est toujours possible d'attribuer un lien explicatif  entre des faits empiriques et des pensées inconscientes, qui, en elles-mêmes, ne sont jamais directement et indépendamment observables ! Autrement dit, quand on ne trouve pas la preuve, par des faits empiriques et vérifiables qu'une personne est coupable d'un délit X ou atteinte d'une pathologie Y, on peut toujours dire que ce délit ou cette pathologie se "cache" dans son inconscient, qu'il est donc "masqué", et que, certains faits (que l'on fabrique ou que l'on convoque pour la circonstance) peuvent être interprétés comme des preuves. Mais une interprétation, reste, à jamais une interprétation, elle ne peut être une explication et encore moins une preuve corroborée.

        L'inconscient a donc tous les pouvoirs. Il explique tout. C'est là sa faiblesse fondamentale, ignorée par le Jury, car une théorie pour avoir une valeur explicative doit exclure certains faits (Spinoza, Popper). Or, la théorie de l'inconscient freudien n'exclut aucune possibilité au niveau d'une causalité psychique inconsciente, elle n'a donc aucune valeur explicative et prédictive.

        Malgré tout, cet argument s'est imposé et a conquis, semble-t-il, un pouvoir absolu dans notre culture française dominée par la pensée unique freudienne. Nous sommes sous son joug. Madame Roudinesco, "l'éradicatrice", (comme le suggère Elizabeth Levy dans son livre "Les Maîtres censeurs"), doit être satisifaite. Il réduit tous ses contradicteurs à d'infâmes antisémites ou à des névrosés résistants. Il les réduit, grâce au terrorisme intellectuel, à l'esclavage de la loi du silence, de la mise à l'index, et à  la répudiation de toutes les tribunes culturelles et notamment scientifiques.
 

        Que faire ?
 

        Pour l'heure, je ne sais trop que vous dire, sauf à écrire ces quelques lignes.  Mais je suis attéré par le verdict. Et en même temps, je me dis, “au moins nous sommes fixés” , nous savons à quoi nous attendre en ce qui concerne le sort réservé à la Vérité, sur certains problèmes, dans  l’Hexagone. Maintenant, la seule chose à faire, est de ne pas baisser les armes, au contraire. Il faut dénoncer l’infâmie qui vient de se produire en utilisant celles  de la raison critique, sinon, comme le disait Albert Einstein, “nous ne valons pas mieux que l’esclavage qui nous est promis”.
 
 

Patrice Van den Reysen

Le 05 juin 2005.
 


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