LETTRE OUVERTE À L’UNIVERSITE
DEPARTEMENTS DE PSYCHOLOGIE


 
 

Plusieurs grands courants théoriques suscitent des méthodes et pratiques pour soulager et soigner la souffrance psychique, dont l’Université française ne tient pas compte dans les enseignements qu’elle dispense actuellement.

Cette situation constitue un manquement grave qui implique tous les membres des départements : les enseignants-chercheurs de la psychologie du développement, du travail, de la santé, de la psychologie sociale et cognitive, permettent également, par négligence ou indifférence, à un seul courant théorique de s’exprimer ou de dominer en psychologie clinique dans les enseignements à l’Université.

Ce monopole est pour nous insupportable, car il verrouille totalement la pratique et l’évolution des soins psychothérapeutiques.

La théorie analytique n’est pas la seule démarche possible, les psychothérapies analytiques et psychanalyses ne sont pas les seuls moyens psychothérapeutiques possibles. D’autres approches existent pour ceux et celles qui souffrent parfois lourdement au quotidien.

Par notre action sur le terrain, nous connaissons l’importance de la formation des thérapeutes, de leur capacité à cerner des états parfois très douloureux, et à mettre en place des moyens thérapeutiques adaptés pour améliorer la situation d’enfants, d’adolescents, d’hommes et de femmes, de tous âges souffrant de troubles mentaux.
Nul ne détient « LA » vérité et tout enseignement théorique se doit d’être multiple, ouvert aux différents courants et à leurs moyens d’action : psychanalyse, psychothérapie d’inspiration analytique, thérapie comportementale et cognitive, thérapie familiale…Toutes ces pratiques peuvent être utiles aux patients, et à leur entourage.
Diversifier l’enseignement, hors des idées reçues et des querelles de chapelle, est une nécessité absolue et urgente.
L’Université, serait-elle uniquement faite par et pour les universitaires ? Pourquoi est-elle si déconnectée du terrain ?
Les commissions de recrutement des enseignants-chercheurs ont une responsabilité importante pour l’avenir des soins en France. L’enseignement à l’Université se doit d’être suffisamment ouvert et éclairé pour que les étudiants psychologues cliniciens puissent appréhender et connaître toutes les pratiques, méthodes et théories, de façon responsable et critique, sans être aiguillés ou influencés par omission ou dénigrement, voire par désinformation.
Vous avez l’espace des soins entre vos mains, l’expression du code de déontologie des psychologues au bout de votre plume et de votre conscience [*1]. Nous souhaitons seulement l’équité, la transparence et les échanges pour les patients et leur entourage.
Nous espérons que l’ensemble des membres des départements de psychologie reçoivent avec bienveillance et ouverture notre appel et l’approuvent rapidement dans les faits.
Texte signé par Christophe Demonfaucon, président de l'AFTOC


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 Note [*1] Code de déontologie des psychologues, article 28 : « L’enseignement présente les différents champs d’étude de la psychologie, ainsi que la pluralité des cadres théoriques, des méthodes et des pratiques, dans un souci de mise en perspective et confrontation critique. Il bannit nécessairement l’endoctrinement et le sectarisme ».
 ASSOCIATION FRANCAISE DE PERSONNES SOUFFRANT DE TROUBLES OBSESSIONNELS ET COMPULSIFS

AFTOC, Association loi 1901. Siège social : 1 rue Aristide Maillol 75015 PARIS

Adresse administrative et postale : 12, route de Versailles 78117 CHATEAUFORT. TEL : 01.39.56.67.22
Reçu le 31 mars 2005
 

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